A propos de l’entreprise

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Crédit photo : Gaël Creignou

Les d’Yves Bouteilles est un caviste indépendant à Saint-Brieuc, en Bretagne : nous dégustons, sélectionnons et proposons à notre clientèle les crus et les saveurs que nous aimons. Nos choix ne sont jamais fondés sur une opinion abstraite, une habitude d’achat, une mode ou un jugement extérieur. Notre sélection originale et unique compte plus de 500 références en vins fins et près de 200 spiritueux du monde.

A propos du caviste

Après deux années d’études en classe préparatoire économique et commerciale, suivies d’une école de commerce et d’un cursus d’expertise-comptable, je me rends compte ne pas correspondre à un certain avenir soi-disant prometteur et matériellement confortable. Je décide, à 22 ans, de me réorienter, d’abord de manière aussi nébuleuse qu’atavique, vers les métiers de la restauration, des arts de la table, de la sommellerie.

Rapidement, le plaisir gourmand du vin se révèle comme une évidence. Fort de cette passion, je suis une rééducation de plus deux ans, tout en continuant à travailler dans divers emplois. J’apprends : d’abord en lisant abondamment, en voyageant dans les vignobles, en rencontrant des vignerons et surtout en dégustant. Rentrée 1996, j’entre professionnellement dans le monde du vin.

Cursus du caviste

  • Septembre 1996 : j’ai l’opportunité d’être contacté par un regroupement de vignerons qui m’offre une première expérience dans le commerce du vin, sur le MIN de
  • Rungis. Mais la rapide désunion des associés, trop différents par leur statut, leur taille, leur stratégie, leurs moyens, conduit à l’échec cette association.
  • Août 1998 : nous décidons de rependre, en famille, une cave à Clamart (Haut-de-Seine) créée par la famille Guerrier en 1929.
  • Mars 2003 : 1/2 finaliste au concours Laurent Perrier du Meilleur Caviste au Monde
  • Décembre 2004 : je m’installe comme entrepreneur individuel, pour ouvrir et développer une seconde cave à Clamart, sous l’enseigne Les d’Yves Bouteilles.
  • Avril 2011 : Suite à un évènement personnel, je décide de rejoindre la Bretagne, et de transférer mon activité à Saint-Brieuc.

Notre philosophie

Libre dans mes choix, sans éprouver le besoin d’appartenir à un clan, d’intégrer un mouvement, j’essaie de dénicher des artisans passionnés et authentiques qui perpétuent une tradition héritée d’un mode de vie, d’un lieu et d’un environnement. Fort de ces valeurs, je privilégie :

  • Des producteurs qui suivent les rythmes du vin dans la vinification, sans artifice œnologique ou technologique brutale et inutile au vin issu de l’agriculture industrielle
  • Les vins francs, fins, loyaux aux vins standardisés, technologiquement parfaits, imaginés comme de simples euphorisants destinés à embrumer nos cerveaux par des spécialistes du marketing, ou aux vins de concours bodybuildé dans l’objectif de rafler des médailles ;
  • La dégustation sensorielle et conviviale à la dégustation analytique, car le vin à l’origine n’est pas faire pour être dégusté mais pour calmer la soif ;
  • L’authenticité et la qualité contre l’artifice mercantile et la mode.
    En respectant cet esprit, en combattant les nombreux préjugés, je souhaite tisser un lien humaniste avec ma clientèle, en partageant nos expériences, car je reste convaincu que pour apprécier pleinement le vin, il faut certes savoir le déguster mais aussi être curieux : en connaître l’histoire, les terroirs, ou les subtilités de la vinification.

Mon histoire

marchanddevins-ph01Jusqu’au milieu du XIXème siècle des limousins des secteurs montagneux de la Haute-Corrèze partaient chaque hiver travailler dans la région bordelaise. Lorsque les activités qu’ils exerçaient périclitèrent, certains eurent l’idée de se convertir en commis voyageur des vins de Bordeaux dans le nord de la France et la Belgique.
Mon arrière-grand père, Antoine Ponty, né en juin 1874 à Saint-Sulpice-Les bois, près de Meymac, au cœur du plateau de Millevaches, est de ceux là. De parents cultivateurs, il monte à Paris pour exercer l’activité de marchand de vins. De retour de la Grande Guerre, il se marie en mars 1919 avec Germaine Deltour, cuisinière, et originaire quant à elle de Saint-Pierre de Nogaret en Lozère.

Rapidement, le couple installe un petit établissement avec un comptoir, quelques tables et des chaises, qui encouragent la consommation sur place. Les « Liqueurs » c’est-à-dire les alcools, absinthe, rhum, calvados notamment, sont aussi proposés. La dernière de leurs brasseries est baptisée « Au rendez-vous des chauffeurs ». Elle se situait au 32 boulevard du Fort de Vaux sur la commune de Levallois-Perret, avant son annexion à Paris le 27 juillet 1930. Le nom de l’enseigne et son implantation sont loin d’être anodins.
marchanddevins-boulevard-fort-de-vauxEn effet, les premières compagnies de taxis (Société générale des voitures G3, la Compagnie parisienne d’automobiles G4, la Compagnie française des automobiles de places G7, la Société Bauvy, la Société Giraud & Cie, la Société Degioanni, etc.) avait leur garage dans cette commune, fondé par Nicolas-Eugène Levallois, lui-même bistrotier.

Et, de nombreux chauffeurs taxis sont issus de cette colonie corrézienne fortement soudée. Cette cohésion régionale s’exprimait alors par l’emploi du « patois » lorsqu’on était « entre pays », par la fréquentation de certains cafés tenus par des compatriotes : on y déposait sa boîte à outils le soir, après la journée, moyennant une ou plusieurs consommations. Dans ces mêmes lieux on y venait également taper la bellotte le jour de congé ou pour dévorer les journaux comme « Lou Cantou » et L’Auvergnat de Paris, qui diffusaient les nouvelles du pays. L’entreprise sera détruite fin des années 60 avec la construction du périphérique parisien.